Nous souhaitons faire partager un texte écrit par Fulcanelli que nous avons pu lire dans l’ouvrage « A la suite de René Guénon… », écrit par Jean Reyor aux Editions Traditionnelles, dans le chapitre intitulé « Les Rose-Croix et l’Eglise intérieure ».
« Saint Pierre détient les clefs du Paradis, bien qu’une seule suffise à assurer l’accès au céleste séjour. Mais la clef première se dédouble et ces deux symboles entrecroisés, l’un d’argent, l’autre d’or, constituent, avec trirègne, les armes du souverain pontife, héritier du trône de Pierre. La croix du fils de l’Homme reflétée dans les clefs de l’Apôtre, révèle aux hommes de bonne volonté les arcanes de la Science universelle et les trésors de l’at hermétique. Elle seule permet à celui qui en possède le sens d’ouvrir la porte du jardin clos des Hespérides et de cueillir, sans crainte pour son salut, la Rose de l’Adeptat.
…
En effet « la prétendue Confrérie de la Rose-Croix, dit encore Fulcanelli, n’a jamais eu d’existence sociale. Les Adeptes porteurs du titre sont seulement frères par la connaissance et le succès de leurs travaux. Aucun serment ne les engage, aucun statut ne les lie entre eux, aucune règle autre que la discipline hermétique librement acceptée, volontairement observée, n’influence leur libre arbitre…Les Rose-Croix ne se connaissaient point ; ils n’avaient ni lieu de réunion, ni siège social, ni temple, ni rituel, ni marque extérieure de reconnaissance. Ils ne versaient pas de cotisations et n’auraient jamais accepté le titre, donné à certains frères, de chevaliers de l’estomac : les banquets leur étaient inconnus. Ils furent et sont encore des isolés, travailleurs dispersés dans le monde, chercheurs « cosmopolites » selon la plus étroite acception du terme…Certes, quelques maîtres ont pu grouper autour d’eux de jeunes aspirants, accepter la mission de les conseiller, de diriger, d’orienter leurs efforts et former des petits centres initiatiques dont ils étaient l’âme parfois reconnue, souvent mystérieuse. Mais nous certifions, - et de très pertinentes raisons nous permettent de parler ainsi, - qu’il n’y eut jamais, entre les possesseurs du titre, d’autre lien que celui de la vérité scientifique confirmée par l’acquisition de la pierre…
« …En, résumé, les grands auteurs classiques qui ont enseigné, dans leurs ouvrages littéraires ou artistiques, les préceptes de notre philosophie et les arcanes de l’art ; ceux également qui laissèrent des preuves irréfutables de leur maîtrise, tous sont frères de la véritable Rose-Croix. Et c’est à ces savants, célèbrent et inconnus, que s’adresse le traducteur anonyme du livre Le texte d’Alchymie et le Songe Verd, Paris 1695, lorsqu’il dit dans sa Préface : « Comme ce n’est que par la croix que doivent être éprouvés les véritables fidèles, c’est à vous Frères de la vraye Rose-Croix, qui possédez tous les trésors du monde, c’est à vous à qui j’ai recours. Je me soumets entièrement à vos pieux et sages conseils ; je sais qu’ils ne sçauraient être que bon, parce que je sçai combien vous êtes douëz de vertus par-dessus le reste des hommes. Comme vous êtes les dispensateurs de la Science, et que par conséquent je vous dois ce que je sçai, si je puis ceoendant sçavoir quelque chose, je veux (selon l’institution que Dieu a établie dans la nature) que les choses retournent d’où elles sont venues Ad locum, dit l’Ecclésiaste, unde exeunt flumina revertuntur, ut iterum fluant. Tout est à vous, tout vient de vous, tout retournera donc à vous. »
Nous ajouterons simplement que le mot Science dans le texte ne doit pas être pris au sens de la science profane mais bien de la Science sacrée contenue dans la Connaissance.
Enfin préciser que toutes organisations actuelles rosicruciennes n’ont rien en commun avec les véritables Rose-Croix et on comprendra aisément pourquoi.
Laurent Mollard
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La Lumière de l'aube du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Son coeur maintenant vraiment libéré
Lui ouvre le vestibule de l'Unique Palais
Où séjourne l'Amour du Nom Invoqué.
La Lumière de midi du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Ses Yeux s'émerveillent des bourgeons
Du jardin sacré bruissant de mille chants
Où demeure l'Arbre de la Vérité.
La Lumière du crépuscule du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Son esprit enfin dévoilé entend
Le Maître s'en aller doucment
Laissant place à la Grande Paix.
La Lumière de minuit du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Son souffle devenu éternel
Trouve dans l'immensité étoilée
Le repos auprès du Nom Invoqué.