Le « Soi » est le principe transcendant et permanent dont l’être manifesté, l’être humain par exemple, n’est qu’une modification transitoire et contingente, modification qui ne saurait d’ailleurs aucunement affecter le principe. Immuable en sa nature propre, il développe ses possibilités dans toutes les modalités de réalisation, en multitude indéfinie. Le « Soi » est ainsi le principe par lequel existent, chacun dans son domaine propre, que nous pouvons appeler un degré d’existence, tous les états de l’être manifestés ainsi que ceux non manifestés. Ce « Soi » lui-même n’est que par soi n’ayant et ne pouvant avoir aucun principe qui lui soit extérieur. René Guénon, Le symbolisme de la Croix, Chap 1
Le « Soi » peut être remplacé par « personnalité » et le terme « moi » par « individualité ». La personnalité est supérieure à l’individualité. Le « Soi » n’est jamais individualisé car toujours envisagé sous l’aspect de l’éternité et de l’immutabilité qui sont les attributs de l’être pur. Cette personnalité est une détermination immédiate, primordiale et non particularisée du principe qui est appelé en sanscrit Atmâ que l’on peut désigner comme « l’esprit universel ». Atmâ pénètre toute chose et il demeure toujours le même à travers la multiplicité indéfinie des degrés de l’existence, entendu au sens universel, c'est-à-dire aussi dans la manifestation principielle. La personnalité est essentiellement de l’ordre des principes au sens le plus strict de ce mot et elle ne peut donc être envisagée qu’au point de vue métaphysique qui a précisément pour domaine l’universel. Le « Soi » n’est que potentiellement dans l’individu tant que « l’union » n’est pas réalisée. René Guénon, L’homme et son devenir selon le vêdantâ
Ce qui est à la base même de tout enseignement initiatique, c’est que toute réalisation digne de ce nom est d’ordre essentiellement intérieur, même si elle est susceptible d’avoir des répercussions à l’extérieur ; l’homme ne peut en trouver les principes et les moyens qu’en lui-même, et il le peut parce qu’il porte en lui la correspondance de tout ce qui existe : « l’homme est un symbole de l’Existence universelle » et s’il parvient à pénétrer jusqu’au centre de son propre être, il atteint par là même la connaissance totale, avec tout ce qu’elle implique de surcroît : « Celui qui connaît son Soi connaît son Seigneur » et il connaît alors toutes choses dans la suprême unité du Principe même, hors duquel il n’est rien qui puisse avoir le moindre degrés de réalité. René Guénon, Formes traditionnelles et cycle cosmiques. La tradition hermétique
« Le soi apparaît comme conditionné par l’effet de l’ignorance. Quand celle-ci est détruite, le soi non-conditionné brille de sa propre lumière, tel le soleil quand les nuages sont dissipés. » Connaissance du soi, Shri shankaracharya
« Bien que le soi soit en tout temps et dans toutes choses, il ne peut briller nulle part, sauf dans la conscience, tout comme une réflexion ne peut apparaître que sur une surface polie. »
Connaissance du soi, Shri shankaracharya
« Lorsque la connaissance a détruit l’ignorance, le soi se manifestera, de la même façon que le soleil se lève aussitôt que l’aurore du jour a dissipé l’obscurité. » Connaissance du soi, Shri shankaracharya
Laurent Mollard- Le Monde Sacré d'Emmanuel
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La Lumière de l'aube du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Son coeur maintenant vraiment libéré
Lui ouvre le vestibule de l'Unique Palais
Où séjourne l'Amour du Nom Invoqué.
La Lumière de midi du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Ses Yeux s'émerveillent des bourgeons
Du jardin sacré bruissant de mille chants
Où demeure l'Arbre de la Vérité.
La Lumière du crépuscule du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Son esprit enfin dévoilé entend
Le Maître s'en aller doucment
Laissant place à la Grande Paix.
La Lumière de minuit du Vrai jour
Eclaire l'Etre celui Désigné.
Son souffle devenu éternel
Trouve dans l'immensité étoilée
Le repos auprès du Nom Invoqué.