Samedi 1 mars 2008
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Nous employons régulièrement le terme de qualification, il nous paraît important d’expliquer le sens que nous lui donnons et qui doit
être le sien. La principale qualification concerne l’étendue de l’horizon intellectuel de l’individu. Nous utilisons le terme d’individu car comme c’est l’individualité qui est prise comme moyen
de support et moyen de la réalisation initiatique, il faut par conséquent qu’elle possède les aptitudes requises. Si nous avions à envisager la personnalité ou le « Soi », il n’y
aurait aucune différence à faire entre les êtres car tous seraient également qualifiés. (1) Est qualifié celui qui reçoit la Lumière, c'est-à-dire une influence spirituelle et qui est capable
d’en retirer un bénéfice effectif. Cette Lumière ne peut être donnée que par une organisation traditionnelle au moyen d’un rite initiatique. Il faut bien entendre que cette influence spirituelle
ou Fiat Lux soit véritable c'est-à-dire transmise depuis des temps immémoriaux et issue d’une doctrine traditionnelle et qu’elle ait effectivement gardé sa qualité essentielle supra-individuelle
donc transcendante. Nous constatons qu’aujourd’hui bien peu d’organisations en Occident réunissent ces éléments. Certaines organisations maçonniques peuvent encore revendiquer quelques éléments
quand bien même la majorité de ses membres n’en n’ont pas véritablement connaissance. Nous ne parlons pas ici de pseudo organisations, manifestement les plus nombreuses, qui voient un but laïc à
cette influence spirituelle. C’est bien là le parfait contraire de ce que doit être une organisation qui revendiquerait un rattachement traditionnel. Nous devons expliquer ce qui constitue une
véritable organisation traditionnelle et qui de facto exclu les pseudos organisations. La Lumière que nous recevons, lors d’une initiation régulière, doit nous entraîner à nous concentrer sur ce
qui est supra-humain, puisque cette influence spirituelle n’est pas humaine, au moyen de la Connaissance et de sa réalisation qui doit nous conduire à l’Unité. Il ne s’agit donc absolument pas de
nous préoccuper de choses matérielles, contingentes et changeantes qui forment la multiplicité avec l’immédiateté comme principe. Ces choses essentielles se doivent d’être réaffirmés car dans la
dernière partie du cycle dans lequel nous nous trouvons, nous pouvons constater que de très nombreux individus se rendent bien compte que cet environnement matérialiste n’est pas une fin en soi.
Ces mêmes individus cherchent donc une autre « voie » et donc fleurissent ici et là des écrits, des associations, des organisations qui mélangent tout et entraînent encore plus de
confusion là où elle est déjà très importante mais surtout qui conduiront ces individus à des déconvenues à la hauteur de leur espérances. Et dans ce nombre d’individus un petit nombre et quand
bien même il n’y en aurait qu’un, puisque nous plaçons dans le domaine de la qualité et non de la quantité, serait qualifié verrait sa qualification dénaturée car l’examen de ces différentes
organisations l’entraînerait sur des chemins très éloignés d’où devrait l’emmener ses qualifications. Il est très difficile aujourd’hui de trouver une initiation qui corresponde à sa nature
véritable car selon la position de notre cycle actuel, cette connaissance doit être cachée et celui qui veut la trouver doit montrer une persévérance et une volonté à toutes épreuves. Il convient
toutefois d’ajouter que ce n’est pas par hasard si cette Connaissance est cachée. Elle l’est car de toutes façons bien peu d’individus seraient capables de l’assimiler, du entre autre à cet
environnement actuel très éloigné du Principe Suprême et ensuite les autres individus, n’en comprenant pas le sens véritable, utiliseraient cette Connaissance à des fins toutes contraires à celle
à laquelle elle doit nous conduire.
Cette notion de qualification précède celle d’élite qui doit être elle aussi précisée. L’élite regroupe les individus
qui possèdent effectivement la Connaissance car leur nature propre leur permet de l’assimiler et de la réaliser. Posséder la Connaissance, c’est posséder la Vérité du Principe Suprême qui se
situe au-delà des possibilités humaines dans un domaine supra-humain. Cette élite ne se situe donc pas sur le même niveau que les individus, elle est donc véritablement au-dessus, ce qui entraîne
l’idée de hiérarchie, caractéristique fondamentale de toute organisation initiatique mais aussi de toute société traditionnelle. C’est bien l’idée de transcendance exprimée lors de l’initiation
régulière. Ce domaine supra-humain est bien au-dessus de la matérialité caractéristique de notre monde actuel, c’est le domaine de la métaphysique et donc celui de la Vérité. Participer à cette
élite ne rend pas l’individu supérieur aux autres dont le sens d’une gloire ou d’une fierté à en tirer. Ceci serait totalement contraire à la réalisation de la Connaissance qui tend à réhabiliter
notre « Soi » dissimulé par la présence de l’égo envahissant. D’ailleurs ce sont bien ces notions sentimentales qui influencent et voilent notre Etre. Ces individus qui constituent
l’élite doivent s’assurer de la conformité des individus qui la constituent mais aussi et surtout veiller à la transmission de la doctrine de la Tradition primordiale à ceux qui sont qualifiés.
Rappelons le que ce sont ceux qui peuvent en tirer un bénéfice effectif et ajoutons que cette qualification n’est pas profane c'est-à-dire qu’il ne s’agit pas là de facultés de raisonnement ni
d’érudition. Ceux qui ont reçus cette Lumière savent qu’elle inonde le cœur, siège de la faculté intuitive ou de l’intuition intellectuelle, symbolisé par le Soleil quand aux autres qui vivent
sous le reflet de la Lune qui éclaire la tête, siège de la faculté discursive pourront toujours contester en argumentant nos propos, c’est de toute façon là la seule attitude possible pour
eux.
(1) Voir chap. XIV, Aperçus sur l’initiation. René Guénon
Par laurent
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Publié dans : Tradition
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